La croissance à deux chiffres du “Business vert” frise l’insolence en ces temps de morosité économique. Les prévisions mondiales à horizon 2020 sont plus optimistes les unes que les autres : un chiffre d’affaires des produits et services “verts” qui doublera pour atteindre près de 3 000 milliards de dollars, près de 350 milliards de dollars d’investissement qui seront consacrés aux énergies vertes, plus de 10 millions d’emplois nouveaux en voie d’être créés…
Le business vert devra tenir ses promesses, sinon il y a fort à parier que nos enfants et leur descendance en garderont un goût amer. Plus que pour n’importe quelle autre transformation majeure, la capacité des hommes et des femmes à “innover” sera la clé d’un avenir vert. Et l’équation est complexe à résoudre : il nous faut réduire considérablement notre empreinte écologique à l’heure où notre population augmente et se concentre dans les villes, et où ses besoins sont de plus en plus énergivores.
Une révolution verte est en marche pour trouver des solutions conciliant le toujours plus (de déplacements, de déchets, de consommation énergétique), la raréfaction des ressources primaires (eau, pétrole, gaz, …) et l’ultimatum lancé par la planète pour nous rappeler à l’ordre (l’écologie représente un enjeu colossal pour l’humanité, on dénombre dès à présent des millions de victimes humaines du réchauffement climatique chaque année).
Ne cherchez pas de secteurs épargnés par cette transformation verte, il n’en existe pas. Nous parlons bien d’un changement profond de société, en premier lieu d’état d’esprit.
Et si on exclut le scénario de décroissance,le défi est bien celui du 21è siècle. L’innovation n’est autre que notre capacité à “inventer”. On parle d’innovation de rupture quand le changement modifie considérablement notre comportement (par exemple, l’aviation, l’automobile, l’ordinateur, l’internet) et d’innovation incrémentale lorsqu’il s’agit d’amélioration (meilleure capacité de telle machine à café à conserver tout l’arôme, meilleure consommation d’une automobile grâce à une innovation dans le moteur, etc.).
Le management de l’innovation est une pratique qui nécessite avant tout une bonne dose de courage et de prise de risque. En effet, les études et statistiques en la matière montrent que seule une idée sur 1000 aboutit à une mise en oeuvre pertinente et que la créativité est favorisée lorsque les hommes et femmes
sont au contact du client et loin de leur hiérarchie. Voilà des éléments de base qui ont de quoi effrayer les managers ! Pourtant, la prise de risque et les investissements massifs sont des facteurs déterminants pour réussir cette transformation
verte.
L’innovation est bien le moteur du business vert. Il suffit de regarder autour de nous pour comprendre l’ampleur du changement en cours, même si la France, qui a misé tôt sur le nucléaire, n’est pas le meilleur exemple sur les énergies nouvelles.
Les secteurs en prise directe avec cette problématique environnementale sont témoins d’innovations majeures en matière de biens et services (on parle alors de “Clean tech”) : les énergies nouvelles avec les filières de l’éolien, du solaire, de l’hydraulique ou du géothermique sont de véritables marchés à part entière. Les innovations sont continuelles pour améliorer le rendement économique et écologique des solutions techniques et technologiques. Les nouveaux matériaux développent chaque jour ou presque de meilleurs rendements économiques et tendent vers celui du nucléaire, condition de base pour une plus forte intégration dans nos modes de consommation.
L’habitat - au sens de la construction et de la rénovation – est en pleine transformation. On ne dénombre plus les innovations en matière de matériaux de construction, de rénovation et de confort : le bâti, l’isolation, les circuits chaleur, l’eau, les déchets, l’électricité,… On parle même de bâtiments neutres d’un point de vue de l’émission de carbone et de bâtiments positifs d’un point de vue énergétique, au sens où ils produisent davantage d’énergie qu’ils n’en consomment.
Seule l’innovation permettra d’accroître le rendement économique de ces produits pour en faire des biens de consommation courante et de multiplier leur intégration dans notre société. Aujourd’hui, à titre d’exemple, acheter une ampoule basse tension par rapport à une ampoule classique reste un acte volontaire : certes, l’investissement est prouvé, mais encore faut-il pouvoir faire cet investissement, sans parler de la luminosité, moins agréable. Seule l’innovation fera de cet acte d’achat un acte de consommation courante en gommant les défauts actuels.
“A la différence du passé, la volonté politique d’agir au niveau mondial semble présente”
Le transport est l’autre secteur à la pointe de la problématique : véhicules électriques, bio carburant, éco conduite, moteurs de plus en plus performants sur le plan environnemental et de la consommation, matériaux biodégradables, etc.
Certains disent que cela fait 20 ans qu’on entend parler de voitures électriques. C’est vrai, mais à la différence du passé, la volonté politique d’agir au niveau mondial semble présente.
Au-delà des financements et de l’innovation, l’enjeu prioritaire à mon sens est le changement profond de culture que nous devons opérer les uns et les autres. Et la politique revêt en ce sens une importance considérable pour nous inciter, ou nous contraindre à changer considérablement nos modes de vie et relever ainsi le défi posé de la protection de notre planète.
A l’heure où les Etats-Unis ont radicalement changé leur approche du sujet, que la Silicon Valley passe au vert et que les prévisions climatiques sont de plus en plus pessimistes, nous ne pouvons être que résolument optimistes quant aux issues concrètes du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique.
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* Colombus Consulting est une société de conseil indépendante créée en 1999 et spécialisée dans la définition et la conduite de projets complexes, tels que des projets liés à des évolutions technologiques ou réglementaires, menés dans un contexte d’ouverture ou de concentration de marché, ou des projets nécessitant une coordination internationale.
Article publié dans Vertitude n° 34, 2ème semestre 2009, Hors-série DD d’Environnement & Technique - Spécial Entreprises
